La violence qui frappe la capitale haïtienne continue de s’intensifier, plongeant les habitants dans un cauchemar quotidien. Dans la nuit du 25 février 2025, plusieurs quartiers de Port-au-Prince ont été le théâtre d’attaques brutales perpétrées par des gangs armés. À Delmas 30, Christ-Roi et Tabarre 25 et 27, les habitants ont été pris au piège d’une offensive sanglante.
Une attaque coordonnée et impitoyable
Les assaillants, membres de la coalition criminelle « Viv Ansanm », ont frappé sans prévenir, profitant de l’épuisement des forces de sécurité locales. Selon une survivante, les bandits ont d’abord utilisé des armes blanches pour éliminer discrètement leurs victimes avant de faire usage d’armes à feu. « Ils ont surpris les habitants endormis, la vigilance était relâchée. Ensuite, ils ont tiré sans distinction », témoigne une femme rescapée.
L’ampleur du massacre reste difficile à quantifier, mais les premiers témoignages font état d’une quinzaine de morts. Alex Josué, un habitant de Delmas, raconte l’horreur : « Ils ont brûlé mon ami, un commerçant, devant son propre enfant. Une femme et son fils ont été enlevés avant d’être incendiés. Nous sommes pris au piège, nous ne savons plus où fuir. »
Des images insoutenables circulent, montrant des corps sans vie baignés dans leur sang. « Les gangs tuent sans pitié. Si cela continue, nous n’aurons pas d’autre choix que de quitter le pays par la mer », confie un autre résident.
Les rafales d’armes automatiques ont retenti toute la nuit dans plusieurs quartiers. Partout, la peur s’installe. « Nous vivons avec l’angoisse constante de devoir fuir à tout moment », confie une femme de Delmas 32. L’impuissance des autorités face à cette montée de violence renforce le sentiment d’abandon des populations locales.
Une crise sécuritaire incontrôlable
La multiplication de ces attaques s’inscrit dans un contexte de tensions au sein des instances sécuritaires du pays. La confiance entre le Premier ministre et le chef de la police nationale semble rompue, paralysant toute réponse efficace aux assauts répétés des gangs.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait déjà alerté sur la possible implosion des institutions de sécurité haïtiennes. Dans un rapport adressé au Conseil de sécurité, il soulignait l’insuffisance des ressources allouées à la police nationale, évoquant un risque d’effondrement total de l’État face à l’expansion des groupes armés.
Entre espoir et résignation
Face à cette situation critique, les autorités haïtiennes peinent à proposer une stratégie cohérente. Leslie Voltaire, président du Conseil présidentiel de transition (CPT), tente de rassurer : « Nous avons renforcé les effectifs avec des renforts internationaux et du matériel militaire. Les gangs reculent sur certains fronts. » Pourtant, la réalité du terrain contredit ces déclarations optimistes.
Pendant que les dirigeants peinent à trouver des solutions, les habitants, eux, vivent dans la terreur. Les forces de l’ordre, sous-équipées et débordées, peinent à contenir la vague de violence qui submerge Port-au-Prince. En attendant une réponse efficace, la population reste livrée à elle-même, oscillant entre résignation et espoir d’un changement qui tarde à venir.