Ronald Metelus vs Jean Richard Bienvenu : zones d’ombre et dérives autour des biens de l’État dans les Nippes

PAILLANT, Nippes — La gestion des biens de l’État dans les Nippes est au cœur d’une controverse institutionnelle qui prend une tournure préoccupante. Deux figures s’y affrontent : le maire de Paillant, Ronald Metelus, et le directeur départemental de la Direction Générale des Impôts (DGI) de Miragoâne, Jean Richard Bienvenu. Dans une sortie publique remarquée, le maire dénonce ce qu’il qualifie de graves « dérives » dans la gestion d’un site stratégique de la commune, affirmant avec force que la mairie n’a validé aucune vente de terrain sur ce site, tout en soulignant l’importance historique et touristique de ce patrimoine pour la population de Paillant.

Derrière cette prise de position publique se dessine cependant une réalité bien plus dérangeante. Selon un témoin ayant requis l’anonymat, « Ils sont venus pour vendre les terrains du site, on ne sait pas si c’est le maire, si c’est la DGI — au bout du compte, ce sont les gens de Paillant qui en pâtiront. » Ce témoignage résume en quelques mots l’essentiel de la crise : l’opacité est totale, et la population elle-même ne sait plus qui contrôle réellement ces transactions sur les biens de l’État dans les Nippes — la mairie ou la DGI. Entre accusations croisées et silence institutionnel, c’est le citoyen ordinaire qui se retrouve otage d’un bras de fer dont il ne maîtrise ni les règles ni les enjeux.

Biens de l’État dans les Nippes : quand les institutions se disputent leurs prérogatives

Dans l’architecture administrative haïtienne, la mairie est censée jouer un rôle central dans la gestion du territoire communal, notamment en matière d’aménagement, de contrôle foncier et de protection du patrimoine local. De son côté, la DGI intervient principalement dans les aspects fiscaux et administratifs liés aux biens de l’État, sans disposer d’une autorité autonome de cession territoriale à l’échelon communal. La coexistence de ces deux institutions sur un même dossier foncier exige donc une coordination rigoureuse et transparente — condition manifestement absente dans le cas présent. Car si le maire affirme n’avoir validé aucune vente, et que des transactions semblent néanmoins avoir eu lieu, la question devient inévitable : comment des cessions de terrains peuvent-elles se réaliser sans la validation formelle de l’autorité communale, si celle-ci affirme avoir été délibérément écartée du processus ? Si les faits avancés sont avérés, cela pointerait vers une possible ingérence administrative ou un dépassement caractérisé de compétences institutionnelles dans la gestion des biens de l’État dans les Nippes.

Gestion des biens publics dans les Nippes : un maire dénonciateur pris dans ses propres contradictions

Le maire Ronald Metelus n’échappe pas, lui non plus, à une lecture critique de sa posture. S’il prend soin de dénoncer publiquement une situation qu’il juge anormale et préjudiciable à la commune, sa propre déclaration révèle des failles difficilement dissimulables : il reconnaît ne pas disposer des moyens de sécurité nécessaires pour s’opposer concrètement aux agissements qu’il dénonce, admet son impuissance face au directeur départemental de la DGI, et plus troublant encore, tente de justifier les décisions de Jean Richard Bienvenu en évoquant un possible problème de santé de ce dernier. Cette tentative d’atténuation affaiblit considérablement la portée de son propre discours d’alerte. On peut légitimement s’interroger : peut-on dénoncer une dérive institutionnelle grave tout en cherchant à en excuser l’auteur présumé ? En allant plus loin, le maire va jusqu’à reconnaître une forme d’échec personnel, évoquant la possibilité qu’un futur édile prenne le relais pour défendre ces dossiers — déclaration lourde de sens, qui interroge sur sa capacité actuelle à exercer pleinement les attributions de sa fonction.

Le silence calculé de la DGI face à l’opinion publique des Nippes

Face à l’ensemble de ces accusations, Jean Richard Bienvenu, directeur départemental de la DGI de Miragoâne, n’a jusqu’à présent apporté aucune réponse publique. Ce silence, dans un dossier impliquant la gestion de biens appartenant à l’État — donc au patrimoine collectif de la nation —, ne contribue en rien à clarifier la situation. Au contraire, il alimente davantage les soupçons qu’il ne les dissipe, laissant le champ libre aux interprétations les plus défavorables. Une institution de la République, investie d’une mission de service public, se doit de rendre compte de ses actes lorsque ceux-ci sont publiquement mis en cause. Le mutisme prolongé de la DGI constitue, en lui-même, un signal d’alarme que les autorités compétentes ne sauraient ignorer.

Une population en attente de réponses, un patrimoine en péril dans les Nippes

Au terme de cette analyse, ce sont les citoyens de Paillant qui apparaissent comme les véritables victimes de cette crise de gouvernance. Pris en étau entre des accusations sans preuves rendues publiques, une autorité locale qui avoue son impuissance et une administration départementale résolument silencieuse, ils assistent, impuissants, à la possible dilapidation d’un patrimoine qui leur appartient de droit. La transparence fait défaut à tous les niveaux, et l’absence d’un mécanisme de contrôle effectif laisse prospérer l’opacité dans la gestion des biens publics. La question centrale qui traverse ce dossier demeure entière : assiste-t-on à une simple mauvaise gestion des biens de l’État dans les Nippes, ou bien à une lutte de pouvoir larvée entre institutions, dont la population de Paillant paie déjà, silencieusement, le prix ?

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